Canal
La partie qui fut construite la première, à l'époque, portait le nom de canal Crozat, et elle s'étend de Saint-Quentin à Chauny.
La longueur est de 41.551 mètres, sa pente totale est de 31 mètres, les eaux y sont retenues par 14 écluses.
La seconde partie s'étend de Saint-Quentin à Cambrai, les eaux y sont retenues par 21 écluses. Dans cette partie, se trouve un point de partage des eaux, qui commence à l'écluse de Lesdins, et se termine à celle dite du Bosquet.
Sa longueur totale est de 50.991 mètres. La pente, au départ du point de partage de Saint-Quentin est de 10 mètres et 12 centimètres, et du point de partage jusqu'à Cambrai de plus de 57 mètres, la différence de niveau de l'Escaut à la Somme étant de plus de 27 mètres de haut.
Le port de Saint-Quentin à 500 mètres de long, il occupait alors toute la longueur du bassin.
Le petit souterrain commence près du Tronquoy, sur la route départementale 718, il est voûté sur toute sont étendue et il y a dix-huit puits d'aération.
Le grand souterrain commence près de Riqueval, près du village de Bellicourt sur la route nationale 44.
Il y a 8 mètres de la hauteur de la percée, depuis le fond du canal jusqu'à l'intrados de la voûte, la largeur a 8 mètres également.
De chaque côté existe une banquette de 1 mètre et 30 centimètres, pour le halage des bateaux.
On y a construit des voûtes en briques sur une longueur de 2.000 mètres, le reste est percé dans le roc.
Il y eut 54 puits d'aération à 100 mètres de distance, puis il en fut percé 22 autres dont certains ont près de 60 mètres de profondeur.

Les premiers bateaux flamands qui durent prendre le souterrain et qui n'avait jamais parcouru un souterrain furent intimidés, on ne put les déterminer à franchir le souterrain qu'avec une promesse d'une exemption des droits pour le premier qui franchirait le seuil du souterrain.
Un décret du 13 décembre 1810, dispensa de tout droit de navigation le bateau qui fraya la route aux autres.
Ce bateau fut nommé le "Grand Souterrain". Il appartenait à M. Félix Dufour.

Les travaux furent presque entièrement exécutés par des déserteurs condamnés et par des prisonniers de guerre de toutes nations (mais surtout des prisonniers espagnols).

Construction du canal de Saint-Quentin
Le canal de Saint-Quentin, met en communication la Somme, l'Escaut et l'Oise. Les travaux, entrepris en 1775 et repris en 1802, furent terminés en 1810, il fut aussitôt livré à la navigation.
Napoléon premier, Consul, vint à Saint-Quentin, le 9 février 1801, pour déterminer le tracé du canal souterrain. Il y revient à la fin du mois d'avril 1810, accompagné de sa famille et d'une partie de sa cour, et visita le canal et les souterrains.

Louis-Antoine Crozat, baron de Thiers, commandeur des ordres du roi, propriétaire du château de Moy au commencement du XVIIIème siècle est l'un des premiers concessionnaires du canal de Saint-Quentin.
Gayant fut un des ingénieurs chargés de la construction du canal et plus particulièrement du port.
De Vicq était un ingénieur dont le projet pour le percement et la direction du canal souterrain de Saint-Quentin a été adopté en 1802.

Histoire du Canal Crozat et de Saint-Quentin
L'ouverture du canal Crozat a eu pour but de joindre l'Oise à la Somme.
On songea d'abord à opérer cette jonction en creusant un canal de 45 pieds de large sur 6 de profondeur entre Sissy et Saint-Quentin, passant par les villages de Regny, Marcy, Homblières, et Harly, les travaux commencèrent même au mois de mars 1728, mais la crainte des dépenses fit abandonner ce projet.
C'est alors qu'un riche financier nommé Crozat, banquier de son état, s'empara de l'entreprise, et ayant fait adopter le tracé actuel par les villages de Viry, Condren, etc. lequel présente un développement de 40.700 mètres, l'exécuta en deux ans.
En 1735, le banquier Crozat, concessionnaire du canal de Saint-Quentin, fait construire le Vieux Port, entre les remparts et l'ancienne abbaye de Saint-Prix, par l'ingénieur De Vicq.
Mais cela n'était pas assez de relier l'Oise et la Somme, pour que les dépenses deviennent réellement fructueuses, il fallait encore joindre la Somme à L'Escaut et établir par ce moyen une communication directe entre la France et les Pays-Bas.
Les difficultés étaient grandes, on avait à traverser les hautes plaines crayeuses qui séparent les sources de ces deux rivières, et l'on était menacé de n'y point trouver l'eau nécessaire aux besoins de la navigation.
C'est alors que l'ingénieur Laurent, chargé par Colbert des études préparatoires, proposa l'établissement d'un canal souterrain à travers ce plateau, ce qui devait annihiler la grande différence de niveau existant entre les deux rivières, conserver 1,500 arpents de terrains à l'agriculture, et assurer une navigation constante à l'abri des couteresses (manque) d'eau. Ce projet fut adopté par le ministre, et les travaux commencèrent en 1769.
Ces travaux, si hardis pour l'époque, intéressèrent au plus haut point l'attention publique, et ils devinrent dès lors le but d'un pèlerinage de la part de tous les savants de la France et de l'étranger.
La Condamine, qui s'y rendit, comme les autres, improvisa les vers suivants sous la voûte du canal :
(Charles Marie de La Condamine : Savant français (Paris 1701 - Paris 1774).

        L'homme, depuis Noé, s'asservissant les mers,
        Avait su rapprocher les bouts de l'univers,
        Laurent, tu nous apprends un art plus admirable :
        La terre à ta voix, s'ouvre et devient navigable.

Mais la mort de l'ingénieur Laurent, survenu le 12 octobre 1773, arrêta ces travaux.
De nouveaux projets furent alors proposés, une longue lutte s'établit entre leurs divers auteurs.
La révolution arriva et les événements politiques firent entièrement oublier le canal de jonction de la Somme à l'Escaut, malgré toute son utilité.
Ce fut le premier consul qui reprit ces projets.
Il nomma une commission d'ingénieurs pour les examiner, et après de longs débats, abandonnant le projet de Laurent, il décida que le tracé du canal serait dirigé de Saint-Quentin au Tronquoy par Bellenglise, Riqueval et Macquincourt.
Les travaux devaient recommencer aussitôt, et le 27 avril 1810, l'empereur Napoléon put parcourir en bateau le canal dans toute son étendu, depuis Saint-Quentin jusqu'à Cambrai.
Le canal de Saint-Quentin, proprement dit, comprend une longueur de 41,829 mètres, dont 5,677 mètres en galerie souterraine.
Il a coûté cher, cependant, on ne tarda pas à éprouver des courteresses d'eau, et pour y remédier, on construit en 1826, une rigole d'alimentation qui prend de l'eau à l'Oise et la conduit dans le canal de Saint-Quentin.
Cette rigole, souterraine va de Bernoville à Fonsomme, et rejoint le canal à Lesdins.




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